mardi 25 mars 2014

AG du 24 mars / LETTRE OUVERTE À MME LA MINISTRE DE LA CULTURE


Bref compte-rendu de l'AG de Lille du lundi 24 mars à la Verrière.


Peu de personnes présentes, une vingtaine, mais nous n'avons pas eu le temps nécessaire pour informer correctement de la tenue de cette AG (qui n'a été annoncée qu'hier dimanche).

Après avoir fait le point sur la situation et vu ensemble le contenu et les conséquences de l'accord, qui est unanimement dénoncé, nous appelons à une action nationale et une journée "culture morte".

Nous avons évoqué la possibilité d'organiser des assises de l'intermittence et de l'emploi précaire pendant le festival de Cannes (et si possible dans cette ville) pour reprendre l'initiative suite à l'article 5c de l'accord. Cette action doit mener à une réforme des annexes sur les bases des propositions du comité de suivi. Cette proposition ne doit pas être considérée comme un agrément du texte qui est totalement inacceptable.

L'AG n'a pas décidé de date de manifestation ou d'action. Il nous semble important de conserver une mobilisation nationale au mouvement.

En attendant une action, un groupe de travail a été chargé par l'AG de réaliser un communiqué. Il a été choisi de prendre la forme d'une lettre ouverte à la Ministre de la Culture, laquelle se félicitait de la sauvegarde des annexes suite à l'accord UNEDIC. Voici le texte de la lettre qui sera publiée officiellement ce mardi.


"Lettre ouverte à Mme la Ministre de la Culture


Les intermittents de la Région NPDC en lutte (SFA/CGT, SYNAVI, coordination, représentants des chômeurs et précaires, non syndiqués) 

à

Madame la Ministre de la Culture et de la communication,

Non, contrairement à vos dernières déclarations, le régime d'indemnisation des intermittents du spectacle n'a pas été sauvegardé. S'il semble avoir été relativement épargné par rapport aux autres catégories de travailleurs, c'est avant tout grâce à la forte mobilisation des professionnels du spectacle vivant et de l'audiovisuel. 

Aujourd'hui, nous sommes en colère. Ces négociations UNEDIC ont été une mascarade et le MEDEF impose sa loi. Vous vous félicitez du maintien de nos annexes, mais l'accord impose une régression des droits des intermittents, des intérimaires et d'une manière générale de tous les salariés. Aujourd'hui, il est question de faire des économies sur le dos des chômeurs et demain il s'agira de casser le principe même de la solidarité interprofessionnelle sur lequel repose l'UNEDIC.

L'augmentation des cotisations chômage de 10,8% à 13,3% aura des conséquences directes sur l'emploi pour l'ensemble des structures de créations. Fragiliser l'emploi, c'est fragiliser l'emploi des intermittents mais aussi celui des permanents. Le MEDEF se réjouit que les employeurs n'ont pas eu à participer financièrement à l'effort de redressement de l'UNEDIC, mais il a «oublié» que dans nos secteurs socio-professionnels, les cotisations augmentent.

La baisse constante des crédits pour la culture et les arts vivants ne permettra pas de compenser les augmentations de charges. C'est tout notre secteur d'activité qui est en cause. Indépendamment de la question sociale qui pour nous n'est pas résolue, se pose impérativement celle du financement de la culture.

Isolé du reste de nos propositions, le plafonnement du cumul indemnité salaires à 5475 € brut ne permettra que des économies dérisoires et ne concerne en rien la quasi totalité des intermittents dont le revenu mensuel moyen est inférieur à 2 000 € brut. Aucune économie ne sera réalisable si on conserve le principe du «glissement». 

La nouvelle formule du différé d'indemnisation pénalise proportionnellement les plus précaires en créant ou en augmentant le délai de carence pour les salaires les plus bas tout en lissant celui des salariés les mieux payés. Par ce dispositif, un intermittent peut être privé de toute ressource pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Les propositions du comité de suivi sont pour nous la base intangible que le Ministère du travail doit prendre en compte bien avant décembre 2014 : 

- le retour à la date anniversaire (période de 12 mois) avec maintien des 507 heures et l'abandon de la période glissante

- la fusion des annexes 8 et 10 en une annexe unique pour les artistes et les techniciens

- le plafonnement des indemnités sur la base d'un plafond des revenus (salaires+indemnités)

- une meilleure prise en compte des arrêts maladie et des congés maternité

- une meilleure intégration des heures régime général et notamment des heures d'enseignement.

Les propositions du comité de suivi permettent de réaliser la réforme nécessaire et urgente de l'intermittence, ce qui est la feuille de route que les partenaires sociaux ont donné à l'Etat dans le point 5c de l'accord UNEDIC.

Les économies ne peuvent reposer sur l'exclusion et les injustices. Devant la gravité des conséquences de l'accord UNEDIC, nous demandons qu'une réflexion soit également menée de toute urgence sur la base de nos propositions pour l'ensemble des travailleurs précaires.

L'accord UNEDIC marque un recul sans précédent du droit du travail. La norme du code du travail qui était jusqu'alors l'emploi stable, et qui faisait des régimes spécifiques des intérimaires et des intermittents une exception, devient, par le dévoiement du principe des droits rechargeables la précarité généralisée des travailleurs.

Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous."

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